LES 16 FORTS DE LA POSITION FORTIFIÉE DE LIÈGE (PFL)

La PFL est une ceinture de défense entourant Liège qui comptait 16 forts lourdement bétonnés et partiellement enterrés, se protégeant les uns les autres par leur distance réfléchie, mais aussi la ville de Liège en leur centre et ses principaux ponts.

La résistance héroïque des forces belges sur ces positions au début de la guerre 14-18 (du 4 au 16 août 1914) a joué un rôle décisif dans le début du conflit en permettant aux troupes françaises de s’organiser alors que les forts étaient lourdement pilonnés par les premiers tirs de la Grosse Bertha.
En souvenir de ce fait d’armes, Liège fut la première ville, hors de France, à se voir décerner la Légion d’honneur française. En outre, elle eut en témoignage de ce courage le plaisir d’accueillir un symbole unique : le Mémorial interallié. Lors de la deuxième guerre mondiale cette ceinture continuera sa mission et sera renforcée par 4 nouveaux forts.

Enfin, dernier honneur et non des moindres : Paris débaptise le café viennois évoquant l’ennemi, pour lui donner le nom de café liégeois… connu et bu partout sur les terrasses de la Cité ardente.

LA BATAILLE DES FRONTIÈRES D’AOÛT 1914

Après la prise de la PFL le 16 août 1914, les troupes du Kaiser engagent un mouvement tournant dans les vallées de la Sambre et de la Meuse entre Dinant et Charleroi et au nord du sillon Sambre et Meuse. Fin août, le centre des opérations sur le front de l’Ouest s’est déplacé vers la frontière franco-belge.
C’est la « Bataille des Frontières ».

Retranchée sur les hauteurs de la Sambre, la 5ème armée française tente de bloquer les assauts de l’ennemi tandis que les 3e et la 4e armées en Lorraine et en Ardenne rencontrent les Allemands dans 15 batailles sanglantes de Mercy à Maissin.
Le 22 août en Luxembourg belge, on estime qu’en un seul jour, des deux côtés français et allemands, 67 508 soldats sont mis hors de combat sans oublier les pertes civiles (près de 1000).

Après la défaite dans les Ardennes et le franchissement de la Meuse par les Allemands à Dinant, l’armée française doit battre en retraite dans un mouvement de recul qui s’arrêtera 300 km plus au sud sur les bords de la Marne.

ALAIN FOURNIER ET LES ÉCRIVAINS COMBATTANTS

De nombreux écrivains ont participé à la Grande Guerre (et nombreux sont ceux qui ont été tués pendant les combats), parmi lesquels Alain Fournier, Jean Giono, Charles Péguy, Maurice Genevoix et Louis Pergaud du côté français mais aussi Edlef Köppen, Ernst Jünger et Gottfried Benn du côté allemand ou le poète anglais Wilfred Owen du côté britannique. 

Plusieurs sites de mémoire leur sont consacrés dans la région de Verdun, près du village de Saint-Rémy-la Calonne et sur la crête des Eparges. A Rossignol, c’est l’écrivain Psichari, ami de Péguy, fils du fondateur de la ligue des droits de l’homme et ardent dreyfusard qui meurt à la Bataille des frontières.

LA DAME BLANCHE

Pendant toute la Première Guerre mondiale, la Belgique était l’un des principaux carrefours de renseignements militaires qui seront déterminants et le théâtre de nombreuses opérations d’espionnage.

Fondé en 1916 par des Liégeois dont un jésuite du Collège St-Servais (le Père Desonay) et deux ingénieurs (Walthère Dewé et Herman Chauvin) immédiatement rejoints par le commissaire Neujean, le réseau clandestin de la Dame blanche comptait à la fin de la guerre, près de 1000 agents.

Très organisé, ce réseau intègre un grand nombre de femmes : 30 % et certaines y assument de hautes responsabilités comme la brillante Marie Delcourt qui deviendra professeure d’université à Liège et militante dans la SDN. Le réseau tendait sa toile sur les territoires de la Belgique, du Nord de la France et du Grand-Duché de Luxembourg.

Particulièrement efficace, ce réseau a fourni aux services secrets du War Office britannique près des trois quarts des renseignements utiles sur ces régions. Sur les 128 membres du Conseil qui dirigeait ce réseau, 50 étaient des femmes. Résistante de la première heure et décorée pour cet engagement de la croix d’officier de l’Empire britannique, Marie Delcourt agira dès les années trente, en faveur du droit de vote des femmes et de l’égalité au travail.

LES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS

Corps de militaires constitués au sein de l’Empire colonial français à partir de 1857, les régiments de tirailleurs sénégalais comprenaient en réalité des combattants d’infanterie issus de l’ensemble des colonies françaises d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord. 

Pendant la Première Guerre mondiale, ce sont près de 200 000 « Sénégalais » de l’Afrique-Occidentale Française (AOF) qui se battent sous le drapeau français, dont plus de 135 000 en Europe, notamment dans la Bataille de l’Yser, à Verdun, sur la Somme (1916) et dans l’Aisne (1917). Environ 15 % d’entre d’eux, soit 30 000 soldats, y ont trouvé la mort et beaucoup en sont revenus blessés ou invalides. 

LE MÉMORIAL AUX COMBATTANTS MUSULMANS DE VERDUN

En face de l’Ossuaire de Douaumont, monument érigé à la mémoire des combattants de la bataille de Verdun de 1916, se trouve la nécropole de Douaumont. Celle-ci rassemble16 142 tombes de soldats français, dont un carré de 592 stèles de soldats musulmans, près duquel un monument de style islamique est dédié à la mémoire de ces combattants. 

A l’ouest du cimetière, un autre monument orné des Tables de la Loi est consacré aux soldats de confession juive. 

VERDUN ET LE FORT DE DOUAUMONT

Ensemble de fortifications d’origine médiévale, la place fortifiée de Verdun est complétement modernisée après la guerre franco-allemande de 1870, entre 1874 et 1914. Constituée de deux puissantes ceintures de forts armés et d’abris entourant la ville et la citadelle, elle devient ainsi une des principales places du système de défense censé protéger le territoire français d’une invasion.

Plus puissant ouvrage de cette place forte, le fort de Douaumont est pris par les Allemands en février 1916, dès le début de la bataille de Verdun. Il sera occupé pendant huit mois par les troupes allemandes qui l’utiliseront comme point d’appui pour leurs offensives. Malgré plusieurs tentatives de reconquête, ce n’est que le 24 octobre 1916 que le fort sera repris. 

LES PRISONNIERS DE GUERRE

Le nombre de prisonniers de guerre pendant le premier conflit mondial est estimé à 7 millions, dont environ 2.400.000 par les Allemands. Dès le début de la guerre, l’état-major du Kaiser est surpris par le nombre de prisonniers (125.000 soldats français en septembre 1914). Des camps sont mis en place à partir de 1915 (près de 300 en tout), dont certains dans le nord et l’est de la France. 

Froid, faim, maladies, harcèlement… les conditions de détention des centaines de milliers de prisonniers y sont très dures. Dans ces camps se côtoient des soldats de nombreuses origines (français, russes, britanniques, belges, américains, canadiens, italiens, etc.) mais aussi d’origines sociales diverses (ouvriers, paysans, fonctionnaires, intellectuels, etc.). .

LES AMÉRICAINS DANS LA GRANDE GUERRE EN MEUSE

La Meuse a vu le plus grand engagement militaire de l’armée américaine durant la Première Guerre mondiale. 

La première opération menée par les Américains est la réduction du Saillant de Saint-Mihiel qui a eu lieu du 12 au 16 septembre 1918. 216 000 Sammies et 48 000 Poilus appuyés par 3 000 pièces d’artillerie, plus de 1 400 avions et 300 chars ont repoussé les 60 000 Allemands et Autrichiens qui occupaient cette partie du front.
Le succès, réel, a été cependant facilité par le repli de l’armée allemande. Les Sammies ont capturé 15 000 prisonniers, 750 mitrailleuses et 443 canons tout en déplorant la perte de 7 000 hommes. 

La seconde opération est l’offensive Meuse-Argonne menée du 26 septembre au 11 novembre 1918. 400 000 soldats américains soutenus par 2 800 canons, 400 chars et plus de 800 avions ont été regroupés contre les positions allemandes établies du massif de l’Argonne à la rive gauche de la Meuse.
Du fait de la résistance allemande et de problèmes logistiques, la progression américaine reste lente jusqu’à la fin octobre 1918.

Lors de cette opération, l’armée américaine a perdu 117 000 hommes dont 26 000 tués.

Pour en savoir plus : 

LA GUERRE DES MINES

La guerre des mines est une pratique qui a été utilisée sur tout le front de 1914-1918. Cependant, il existe en Meuse plusieurs hauts lieux où cette forme de guerre a marqué à tout jamais les paysages. 

Ainsi, en Argonne, la butte de Vauquois a été éventrée de part en part  par les explosions de 519 mines et camouflets qui ont joué entre le printemps 1915 et le mois d’avril 1918. La plus grosse mine, chargée à 60 tonnes de Westfalit,  a sauté le 14 mai 1916, tuant 108 soldats français. Sur les hauts de Meuse, la crête des Éparges a vu une des plus longues guerres des mines de l’Histoire. En effet, ce sont près de 130 explosions de mines et de camouflets qui ont bouleversé le sol et les entrailles de la hauteur entre février 1915 et août 1918.

Pour en savoir plus : 

L’ARMÉE FRANÇAISE DU RHIN ET L’OCCUPATION DE LA RHÉNANIE

Signé dans la foulée de l’armistice, le Traité de Versailles veut faire payer aux Allemands (en argent et en charbon) les destructions de la guerre et les souffrances infligées aux populations civiles françaises et belges. Le Traité prévoit aussi une occupation par les forces françaises, britanniques, états-uniennes et belges des régions allemandes sur la rive gauche du Rhin et une partie de la rive droite. 

Les Français héritent de la zone d’occupation la plus étendue, laquelle s’accroit encore un peu plus après le retrait des soldats américains. Créée en octobre 1919, l’armée française du Rhin compte 100.000 hommes en Rhénanie et jusqu’à 210.000 lors de la première occupation de la Ruhr. 

Les Belges, quant à eux, occupent la zone entre Düsseldorf et la frontière néerlandaise, avec comme tête de pont Aix-la-Chapelle et Krefeld. 

LA GRIPPE ESPAGNOLE

En 1918, une épidémie de grippe particulièrement virulente et contagieuse (souche H1N1) se répand sur le monde, faisant près de 50 millions de morts (et jusqu’à 100 millions selon certaines études). Vraisemblablement originaire de Chine (et sans doute transmise en Europe par des travailleurs chinois employés sur le front de la Grande Guerre), l’épidémie se répand massivement durant l’hiver 1918-1919 faisant en quelques mois plus de victimes que la guerre elle-même.

Soutenue par le développement des transports, la progression du virus est foudroyante. En moins de trois mois, tous les continents sont atteints. Les principales zones touchées sont l’Inde, la Chine et l’Europe.

Cette pandémie provoque une prise de conscience mondiale et sera à l’origine de la création du  Comité d’hygiène international, qui deviendra l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

LES PREMIÈRES FEMMES INGÉNIEURES

La guerre mobilise des millions d’hommes dans toute l’Europe, en particulier en France et en Allemagne où ce sont des générations entières qui sont emportées. Confrontées à ces situations, aux besoins de l’industrie nationale et à l’empressement de candidates féminines, les écoles d’ingénieurs s’ouvrent dès la fin de la guerre pour accueillir des femmes dans des postes perçus à l’époque comme typiquement masculins. 

C’est ainsi que, dès 1917, l’Ecole Centrale de Paris accueille sa première promotion mixte, suivie par l’Institut national d’agronomie (1919), l’Ecole supérieure d’électricité (1919), l’Ecole de chimie de Paris (1919). En Belgique, la première femme ingénieur est diplômée à l’Université de Gand en 1924.

LA SOCIÉTÉ DES NATIONS

Créé en janvier 1920 dans la foulée du Traité de Versailles, la Société des Nations (SDN) se voulait une organisation internationale capable d’élaborer des solutions pacifiques aux conflits entre États, par le biais de l’arbitrage et de la mise en place de sanctions collectives contre les récalcitrants. Promue par le Président américain Woodrow Wilson, l’approche adoptée visait à favoriser la négociation collective plutôt que la diplomatie secrète. 

Cependant, la SDN (qui ne disposait d’aucune force armée propre et de peu de capacités de coercition) dépendait exclusivement de la bonne volonté des grandes puissances pour l’application de ces résolutions. 

En dépit de succès notables, la Société des Nations se retrouve dans l’incapacité de prévenir les agressions des pays de l’Axe (Allemagne, Italie et Japon) dans les années 1930. 

LES PROJETS EUROPÉENS DANS L’ENTRE-DEUX GUERRES

Avec ses millions de morts et les destructions qu’elle a causés, la Grande Guerre a été un traumatisme majeur pour les populations européennes. Ce sera la dernière dit-on, la « Der des Ders ».
Hantés par ce cauchemar et conscients du déclin du continent (face aux Etats-Unis et à la Russie, notamment), des hommes et des femmes de milieux très divers tentent de poser les bases d’une coopération européenne capable de garantir une paix durable entre les anciens belligérants. 

Ainsi, différents projets émergent, allant de la simple coopération à des unions plus étroites, tant dans les domaines économiques que politiques, en particulier à partir de 1924 avec le plan Dawes, les accords de Locarno ou le Comité français de coopération européenne. 

LA LIGNE MAGINOT ET LES ABRIS DEVEZE

Dans l’entre-deux guerres, tant la France que la Belgique développent des systèmes de fortifications visant à renforcer leurs défenses, en particulier le long de leurs frontières avec l’Allemagne. 

En France, la ligne Maginot (construite entre 1928 et 1940) constitue un vaste réseau défensif qui court de la Manche à la Méditerranée. Le long de la frontière avec l’Allemagne, la ligne est composée d’un ensemble presque continu de fortifications de béton et de blindage, de barbelés, de postes d’artillerie et de mitrailleuses qui devait permettre, en cas d’attaque soudaine, de ralentir l’ennemi pour laisser le temps à l’armée d’achever la mobilisation de ses troupes. 

En Belgique, le Ministre de la défense Albert Devèze est à l’origine de la construction, à partir de 1933, d’un réseau d’abris bétonnés et armés avec pour objectif de sécuriser la frontière Est du pays, dans les provinces de Liège et de Luxembourg. 

Au même temps, des fortifications furent construites du côté allemand. Le « Westwall », également appelé « ligne Siegfried », s’étendait sur plus de 630 km des Pays-Bas à la Suisse et couvrait ainsi presque toute la frontière de l`Ouest de l’Allemagne.

LA BATAILLE DES ARDENNES DE 1940 ET L’EXODE

Le 10 mai 1940, les unités blindées d’Hitler lancent une attaque surprise et envahissent le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique avec comme objectif une offensive rapide vers la France pour contourner les défenses de la ligne Maginot. En trois jours, et malgré la résistance valeureuse des troupes belges et néerlandaises, les unités allemandes appuyées par des bombardements aériens intensifs atteignent la Meuse en plusieurs points, notamment à Sedan en France et à Dinant en Belgique. 

La planification de cette attaque surprise a déjà nécessité l’évacuation de plus de 500 000 habitants allemands de la zone frontalière vers des zones dites sûres, en particulier la Franconie, la Thuringe et la Hesse. Puis, l’avancée des troupes allemandes va provoquer l’exode massif des populations belges, hollandaises, françaises et luxembourgeoises, traumatisées par le souvenir de 1914, qui se mêlent aux colonnes de soldats en retraite pour fuir les combats, sous le feu des bombardiers allemands. 

Ce sont ainsi près de 8 à 10 millions de civils qui sont jetés sur les routes et fuient notamment vers Paris et le Sud-Ouest de la France. 

LES FEMMES REPORTERS PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Si la Grande Guerre a surtout été couverte par les services des armées, la Seconde a, quant à elle, fait l’objet d’une large couverture par des journalistes et reporters de guerre de tous les pays. Et, dans ce contexte, de nombreuses femmes se sont illustrées. 

On compte ainsi près de 120 femmes reporters de guerre accréditées pendant le conflit, venues des 4 coins du monde : Union Soviétique, France, Grèce, Finlande, Pays-Bas, Norvège, Etats-Unis et même d’Afrique du Sud. 

Certaines d’entre elles sont même devenues de véritables stars médiatiques, telles Margaret Bourke-White célèbre avec sa veste d’aviateur et Lee Miller, deux photographes américaines qui couvrent les combats en Afrique du Nord, en Italie, en France, en Ardenne.  
En 44-45, de juin à décembre,  Martha Gellhorn en compagnie d’Ernest Hemingway et surtout Iris Carpenter et Lee Carson surnommée la plus jolie fille de la Bataille des Ardennes, cherchent l’info au plus près des batailles sanglantes de Normandie, de Hürtgenet des Ardennes.

Au mépris des conventions de l’époque, ces femmes reporters se sont imposées dans un monde d’hommes parfois très sexiste, profitant de l’ouverture d’une société américaine plus ouverte.  

L’OFFENSIVE ALLEMANDE DE DÉCEMBRE 1944

A l’approche de l’hiver 1944, les troupes allemandes reculent sur tous les fronts, mais le 16 décembre, Hitler lance une attaque surprise dans les Ardennes belges et luxembourgeoises pour briser les lignes alliées et rejoindre le port d’Anvers ou sont acheminés renforts et ravitaillements. Dès 5 heures du matin, un déluge de feu s’abat sur les avant-postes américains dans les Ardennes suivi de près par l’assaut des unités d’infanterie et des colonnes blindées.

Houffalize (BE), La Roche (BE), Saint-Vith (BE), Hosingen (LU), Wiltz (LU) et Berlé (LU) ne représentent que quelques exemples parmi les nombreux villages qui sont en grande partie détruits. Plusieurs massacres sont commis dont celui de Baugnez.
Le 22 décembre, Bastogne (BE) est encerclée, mais l’armée du Reich n’a plus les moyens de ses ambitions et les 200.000 soldats allemands mobilisés pour l’offensive et appuyés par quelque 600 blindés n’atteindront jamais leur objectif (notamment par manque de carburant) et seront stoppés et refoulés par les Alliés.

La dernière offensive d’Hitler est un échec.

LE SIÈGE DE BASTOGNE

A l’approche de l’hiver 1944, les troupes allemandes reculent sur tous les fronts, mais le 16 décembre, Hitler lance une attaque surprise dans les Ardennes belges et luxembourgeoises pour briser les lignes alliées et rejoindre le port d’Anvers ou sont acheminés renforts et ravitaillements. Dès 5 heures du matin, un déluge de feu s’abat sur les avant-postes américains dans les Ardennes suivi de près par l’assaut des unités d’infanterie et des colonnes blindées.

Houffalize (BE), La Roche (BE), Saint-Vith (BE), Hosingen (LU), Wiltz (LU) et Berlé (LU) ne représentent que quelques exemples parmi les nombreux villages qui sont en grande partie détruits. Plusieurs massacres sont commis dont celui de Baugnez.
Le 22 décembre, Bastogne (BE) est encerclée, mais l’armée du Reich n’a plus les moyens de ses ambitions et les 200.000 soldats allemands mobilisés pour l’offensive et appuyés par quelque 600 blindés n’atteindront jamais leur objectif (notamment par manque de carburant) et seront stoppés et refoulés par les Alliés.

La dernière offensive d’Hitler est un échec.

A la croisée des principales routes ardennaises, Bastogne constituait une étape-clef tant pour la reconquête par les Alliés des zones conquises que pour les Allemands dans leur tentative de briser les lignes américaines et britanniques en décembre 1944.
Alertés le 17 décembre de l’attaque nazie, les parachutistes américains de la 101st Airborne Division sont dépêchés d’urgence dans la région de Bastogne pour stopper l’avancée des troupes du Reich et défendre les principales voies d’accès de la ville. 

Entretemps, les blindés allemands ont débordé la ville par le nord et par le sud. Bastogne et ses défenseurs se retrouvent encerclés. Et, alors que la pointe de l’attaque est arrêtée à Dinant, l’état-major d’Hitler décide de concentrer « l’effort principal » sur la prise de Bastogne. Pendant près de 3 semaines, dans la neige et le froid, la ville est assiégée et la population se réfugie dans les caves et les abris. 

Isolés de leurs bases arrières, les combattants américains tiennent leurs positions en dépit d’assauts très violents jusqu’à l’arrivée des blindés du Général Patton qui libère la ville et reprend l’offensive vers l’Allemagne. 

LES COMBATS DU « SCHUMANNSECK »

Le 26 décembre 1944, la 3e Armée Américaine du Général Patton entre dans la ville de Bastogne assiégée. Afin de briser l’encerclement, la 26e Division d’Infanterie «Yankee» est envoyée pour réaliser une percée au niveau du carrefour du « Schumannseck » et prendre à revers les troupes allemandes à l’est de Bastogne. 

Mais les combats sont acharnés et les combattants américains n’atteignent le « Schumannseck » que le 30 décembre 1944. L’avancée est à nouveau stoppée par la défense tenace des soldats allemands retranchés dans les bois. 

Le front est figé et, pendant plus de 3 semaines, les combats font rage, attaques américaines et contre-attaques allemandes se succèdent dans la forêt ardennaise enneigée.  Les morts se comptent par milliers, victimes des combats au corps à corps, des tirs de mitrailleuses et du feu d’artillerie. 

Après la liquidation de la poche de Harlange qui entraina la reddition de presque toute la 5è Division de parachutistes allemands, il faudra attendre le 21 janvier 1945 que la ville de Wiltz soit libérée pour que les combats du Schumannseck soient finalement terminés. 

Ces combats furent les plus meurtriers sur le sol luxembourgeois rappelant du point de vue tactique et densité des pertes la guerre d’usure de 1914-1918.

LA RÉSISTANCE AU GRAND-DUCHÉ DU LUXEMBOURG

L’occupation allemande signifie la fin immédiate de l’indépendance du Luxembourg. En juillet-août 1940, le Grand-Duché est placé sous administration allemande directe et toutes les structures de l’Etat luxembourgeois sont supprimées. Par le biais d’une propagande intensive, les occupants tentèrent de convaincre les Luxembourgeois de soutenir le régime nazi.
A l’exception de quelques collaborateurs, la population luxembourgeoise ne s’est jamais soumise.

Au contraire, plus l’occupation se prolongeait, plus les Nazis réprimaient l’appartenance identitaire luxembourgeoise, plus la résistance luxembourgeoise s’intensifiait.
En 1941, une dizaine d’organisations de résistance s’étaient formées pour lutter (individuellement) contre les forces d’occupation. Ils ont par exemple organisé la fuite des persécutés politiques, soutenu les réfractaires luxembourgeois après l’introduction du recrutement forcé en été 1942, déclenché avec succès une grève générale, etc. 

Cependant, la Résistance active aurait eu beaucoup moins de succès dans ses activités sans le soutien de la population en général. Certains patriotes très courageux se sont également frayés un chemin à l’étranger pour se joindre aux troupes de combat alliées et ont contribué ainsi à la libération du pays.

LES BOMBARDEMENTS SUR L’ALLEMAGNE EN 1945

Dès janvier 1943, lors de la Conférence interalliés de Casablanca, alors que l’armée hitlérienne recule sur de nombreux fronts, l’ordre est donné aux forces aériennes américaines et britanniques de procéder à la « destruction progressive (…) de l’armée allemande, de l’industrie et du système économique (…) à un point où leur capacité de résistance armée en sera mortellement affaiblie ». 

Des campagnes de bombardements massifs sont alors organisées par l’USAAF (Etats-Unis) et la RAF (Royaume-Uni) sur les zones industrielles allemandes, notamment la région de la Ruhr, suivie directement par les attaques sur des villes telles que Hambourg, Kassel, Pforzheim, Dresde et Mayence, qui sont presqu’entièrement détruites. 

Sarrebruck est, elle aussi, largement bombardée entre 1942 et 1945, provoquant la destruction quasi-totale de la vieille ville et d’environ 11 000 bâtiments ainsi que la mort de près de 1200 personnes. 

LA CECA ET LA CRÉATION DE LA COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE

Dans les années qui suivent la fin de la guerre, nombreux sont ceux qui, en Europe, veulent ardemment créer les conditions politiques d’une collaboration entre la France et l’Allemagne afin d’éviter une nouvelle guerre sur le continent. 

C’est dans ce cadre que, le 9 mai 1950, Robert Schuman, Ministre français des Affaires étrangères, propose la création d’une organisation européenne chargée de mettre en commun les productions française et allemande de charbon et d’acier, deux des principales industries de l’époque, avec une idée maîtresse : rendre la guerre « non seulement impensable mais aussi matériellement impossible ». 

Inspirée par Jean Monnet, premier Commissaire au Plan, ce texte fondateur dans l’histoire de la construction européenne, aboutit à la signature, le 18 avril 1951 du Traité de Paris, qui fonde la Communauté européenne du charbon et de l’acier entre six États européens (la France, la République Fédérale d’Allemagne, l’Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas). 

ENFANTS DE LA GUERRE, ENFANTS « DE LA HONTE » : UNE RECONNAISSANCE NAISSANTE

Des recherches récentes se penchent sur une histoire méconnue, celle de familles intimement touchées par les guerres qui engendrent inexorablement désordre, brutalités et crises sociales.  Ces études analysent des récits de vie de couples séparés, de femmes endurant les violences,  l’absence et la mort (analyse des correspondances).
Ou bien encore des chercheurs abordent l’histoire « d’enfants de la guerre » nés pendant ou peu après les conflits. Enfants conçus par amour ou nés du viol d’un soldat ennemi (et « de femmes à boches ») ou allié (parfois de couleur).

Mais aussi l’histoire d’enfants de prisonniers emmenés en Allemagne ou d’ouvriers réquisitionnés par le Service du travail obligatoire. Ces « enfants de la guerre » seront victimes des secrets de familles, de silences pesants, d’abandons, de rancœur, de railleries racistes et parfois même de brimades et de meurtre.
Beaucoup se lanceront dans une quête d’identité, une recherche difficile menée via la découverte « d’une lettre dissimulée, d’une photo oubliée… », et grâce encore à des sources diverses : orales et écrites de plus en plus souvent numérisées : registres d’état civil, registres matricules, dossiers militaires et fiches de décès, reportages et interviews de témoins, …

Grâce enfin à des associations internationales (BOW : réseau international des enfants de guerre) ou des appels lancés sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, des études scientifiques multidisciplinaires (archéologiques, anthropologiques et d’identification génétique…) menées suite aux découvertes de dépouilles de soldats permettent de percer les mystères d’inconnus mis au jour, dont on pourra retrouver l’histoire par les objets associés (boutons de veste, plaques d’identité, bracelets et montres gravées…) et par les analyses moléculaires  (ADN ancien) des os, des dents, des cheveux, …ou encore l’état bucco-dentaire.